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02/09/2015

Objet connectés, avez-vous donc une âme ?

Il y a d’abord les objets qui sont fait pour être connectés comme les ordinateurs, les tablettes ou les smartphones. Il y a ensuite des machines qui ne l’étaient pas et qui le deviennent telles les voitures, les caméras de surveillance, les distributeurs de café dans les entreprises ou les pèse-personnes à la maison. C’est le concept de « machine to machine ». Enfin, le plus fascinant ce sont sans doute ces petits objets que l’on n’a jamais imaginé pouvoir communiquer entre eux tels que les vêtements, les pneus de voitures ou encore les boites de médicaments.

Un objet connecté, c’est un objet capable d’envoyer lui-mêmes de l’information vers un ordinateur.
Par exemple, pour suivre votre courbe de poids au jour le jour.

Selon la dernière étude de CISCO, les objets connectés représenteront d’ici 2020 un marché de 14 000 milliards de dollars. 99% des objets physiques seront connectés et de nouveaux seront inventés. L’effet accélérateur de cette économie est que tous les objets qui sont déjà électroniques sont simples à connecter. La connectivité permanente est aussi le second effet de levier pour une croissance forte de ce secteur industriel.

Comment ça fonctionne ?

A la base de tout objet connecté, il y a quatre éléments: un ou plusieurs capteurs, un microcontrôleur, véritable cerveau qui analyse les données collectées, une batterie pour faire fonctionner tous ces éléments électroniques et la connectivité pour que les informations soient transférées vers un autre terminal.

Les capteurs, communément appelés MEMS (Microelectromechanical systems), ont souvent été développés en premier lieu pour les industries aéronautiques, automobiles ou télécoms. Aujourd’hui, grâce à la miniaturisation et la baisse drastique des coûts, les altimètres, accéléromètres et autres gyroscopes peuvent équiper des objets du quotidien. Ainsi, placés dans un appareil porté par une personne âgée, un altimètre qui calcule très finement les différences d’altitude, couplé à un accéléromètre qui donne une idée de la vitesse à laquelle le capteur se déplace, peuvent permettre de lancer une alerte immédiate quand la personne fait une chute.

Les informations envoyées par ces capteurs d’humidité, de pression, ou de lumière sont ensuite traitées par un processeur miniaturisé qui permet d’en tirer des informations utiles à l’utilisateur: la météo du lendemain, le taux d’UV que la peau a reçu, la distance parcourue à pied, ou à la nage…

Le possesseur d’un objet connecté peut alors consulter les informations directement sur un écran, comme pour les thermostats qui règlent le chauffage, mais le plus souvent les concepteurs de ces objets choisissent de renvoyer les informations vers l’écran le plus largement diffusé: le smartphone.

Les objets connectés, oui, mais pourquoi ?

Chaque année, l’institut G9 organise une réunion exceptionnelle composée d’experts. La grande tendance étant aux objets connectés, un livre blanc a été réalisée dans l’espoir d’attirer l’attention des hommes politiques et des citoyens sur ce qui pourrait constituer une nouvelle révolution industrielle. Très complet et ne laissant rien de côté, ce livre blanc nous dévoile ce que pourrait être notre avenir proche.

Avec les objets connectés, ils est indéniable que de nouveaux marchés vont émerger car tous les domaines de marché actuels vont être chamboulés. Il existe déjà plusieurs marchés du Machine to Machine. Luc Bretones, vice président de l’institut G9+ explique : « Après avoir bouleversé notre vision des relations humaines, le web entame une nouvelle révolution : celle de notre perception des choses. » Il paraît donc primordial que tous les acteurs concernés devront construire un écosystème ouvert. Les objets connectés représentent une multitude de données dont les perspectives d’exploitation sur le long terme apparaissent comme sans limite.

Selon une étude réalisée par Havas Media, 81% de la population a déjà entendu parlé des objets connectés et un internaute sur deux sait ce qu’est un objet connecté. Les cardiomètres, balances, luminaires et autres gadgets connectés disposent d’ores et déjà d’une technologie mure et accessible.

On estime à 99,4% le nombre d’objets qui seront connectés en 2020 et de nouveaux seront sans cesse inventés.

Ce marché en plein essor amène les grandes marques à développer leurs objets connectés pour accompagner le consommateur dans son expérience d’achat et de consommation du produit ou du service. Tout est partiellement connectable, tout devient connecté. Ces gadgets créés à partir d’objets utilisés quotidiennement dans une utilisation pratique sont de plus en plus démocratisés. Cela implique également une relation clientèle renforcée et consolidée et donc un procédé de fidélisation encore plus bénéfique.

Un capteur sur chaque objet de la maison

Améliorer la vie quotidienne, Withings, http://www.withings.com/fr/ une start-up française, en a fait le coeur de sa campagne. Celle-ci a pour but de faire comprendre que les objets connectés peuvent nous aider à améliorer la qualité de notre vie. Exemple avec « Aura », qui a pour ambition de révolutionner le sommeil. Ce dispositif connecté s’accompagne d’un capteur à placer sous le matelas de l’utilisateur, capable de suivre ses différentes phases de sommeil, sa respiration, son rythme cardiaque, etc. Avec les données recueillies, analysées et consultables sur un smartphone (via une application dédiée), Aura diffuse une ambiance lumineuse et sonore dont le but est d’agir positivement sur la qualité du sommeil. Créée en 2008, Withings est spécialisée dans la création d’objets connectées dans l’univers de la santé.

Quant à la société française Medissimo, elle a développé un pilulier connecté. Baptisé imedipac, son principe est simple : c’est une aide à la prise de médicaments. Composé de multiples compartiments, il est associé à un compte utilisateur, et rempli de médicaments par le pharmacien qui met à jour dans le même temps le compte du patient. Ainsi, lorsque le moment de la prise de médicaments se présente, le pilulier éclaire et ouvre automatiquement le compartiment concerné, et prévient son utilisateur via l’envoi d’un SMS sur son smartphone.

La Ville Connectée (ou smart city)

Certaines villes s’emploient depuis quelques temps à devenir connectées (Nice par exemple). Les poubelles sont connectées et permettent aux professionnels de connaître leur taux de remplissage, des applications permettent aux utilisateurs de savoir si des places de parking sont disponibles et des lampadaires connectés adaptent la luminosité en fonction du passage. Précision important apportée par Olivier Seznec, directeur stratégie technologique Cisco France : « La ville est entièrement propriétaire de ses données. »

Les domaines d’application

– La santé, un des grands axes des objets connectés. Il n’est plus nécessaire de se rendre dans une pharmacie ou chez son médecin pour suivre son rythme cardiaque, sa tension, sa masse graisseuse. Avec un bracelet connecté, une balance ou un tensiomètre, une fourchette Hapyfork, non seulement vous pouvez réaliser vos mesures à domicile, mais il vous est aussi offert la possibilité d’effectuer un suivi, soit tout seul en collectant les informations sur le net, soit en collaboration avec un médecin qui pourra ajuster les soins en fonction des résultats obtenus.

-La cigarette électronique intelligente, celle de Smokio en aprticulier, synchronise les informations sur une application mobile, et permet au fumeur de gérer sa consommation et d’analyser sa progression : nombre de bouffées, oxygénation du sang, amélioration cardiaque, gain en espérance de vie, etc.

– Le sport. La montre Nike SportWatch en est un excellent exemple. Avec elle, vous comptabilisez les kilomètres courus -ou marchés-, vous accédez à des statistiques, à votre historique, vos records, et vous pouvez synchroniser vos résultats sur votre smartphone ou votre tablette avec un coach en ligne. Ce genre d’objet connecté apporte en sus des fonctions de partage, importantes pour permettre de s’étalonner et de se motiver mutuellement.

– Les loisirs. Avec les appareils photo Wifi, les caméras ou les montres connectées que nous promettent les fabricants, on pourra recevoir ses email et SMS, des informations en temps réel, accéder à sa musique voire ses photos et vidéos, etc. D’autres objets, plus originaux, créeront de nouvelles activités, ludiques ou autres, je pense au robot Sphero, déjà disponible, qui offre la réalité augmentée, des jeux dédiés et une interaction optimale avec votre tablette ou smartphone. N’oublions pas bien entendu nos téléviseurs connectés qui donnent accès à des contenus multimédias, des applications de loisir ou pratiques, des renseignements sur les programmes regardés, etc. Et je ne parle même pas des fameuses Google Glass.

– Le milieu professionnel. C’est peut être dans ce domaine que l’objet connecté prendra sa pleine mesure. Un wagon ou un container communicant donnera des informations en temps réel beaucoup plus exploitables pour la chaine logistique. On peut aussi imaginer nos objets high-tech communiquant directement au SAV les informations de panne pour faciliter la réparation et le suivi à distance. Un autre exemple déjà actuel, les compteurs intelligents d’ERDF, en cours de déploiement, et qui transmettront automatiquement les informations nécessaires à la mesure de votre consommation.

– La domotique et la sécurité. C’est un des domaines ou l’aspect concret de cette technologie est déjà le plus présent. Un exemple, les caméras de sécurité ou Babyphones. le Smart Baby Monitor qui vous avertit en n’importe quel point du globe d’une intrusion ou d’un bruit constatés dans la pièce ou il est installé, en se connectant à l’application dédiée. Autre exemple, un des objets stars du CES Las Vegas 2013, le capteur intelligent pour plante de Parrot, qui vous avertit quand votre bel hibiscus (ou une des 6000 plantes répertoriées) a besoin d’un apport en engrais ou d’un arrosage.

Toute nouveauté s’accompagne d’inquiétudes

Inquiétudes parfois avérées et qui peuvent vite se transformer en dérives. Si la plupart des objets connectés sont destinés à améliorer le quotidien de leurs utilisateurs, d’autres pourraient être sujets à polémiques. Certains employeurs n’hésiteront pas à doter leurs employés, avec ou sans leur accord, de tracker d’activités pour les surveiller régulièrement. De la même manière, les déplacements des commerciaux pourront être épiés par l’intermédiaire de tracker placés sur les véhicules de fonction. Et si, lors d’un entretien d’embauche, votre employeur vous demandait un rapport de vos activités via un tracker pour surveiller votre hygiène de vie. On peut même aller plus loin en imaginant des toilettes qui testent votre urine, un interphone qui analyse votre souffle, pour ensuite transmettre les éventuelles traces de substance illicites au responsable du recrutement.
Quid des données qui pourrait être falsifiées, des voitures connectées qui seraient piratées etc.

Ces éléments sont à prendre très au sérieux et nul doute que des mesures seront prises au fil des années pour limiter ces dérives.

Sources : lexpress.fr, santé-médecine.commentcamarche.net, dhnet.be, e-marketing.fr, objetconnecte.net, fnac.com, franceinfo.fr

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